Il n'a pas fallu attendre longtemps pour savoir ce que Raffarin entendait par «répartir les fruits de la croissance», lâché après le succès de la
journée de manifestations et de grèves du 10 mars. Son nouveau ministre de l'Économie Thierry Breton a proposé une «prime d'intéressement» aux
salariés du secteur privé pour, a-t-il dit, «stimuler le pouvoir d'achat des Français».
Il n'y a déjà pas de quoi dire «merci patron» pour une prime exceptionnelle plafonnée à 200 euros! Mais, en plus, le ministre de l'Économie a
pris soin de préciser que le versement en serait facultatif et que, pour inciter les patrons à la verser quand même, ils pourraient déduire cette somme de leurs
bénéfices de 2004, ce qui diminuerait les impôts sur les sociétés qu'ils payent. Ainsi, l'État rembourserait au moins en partie aux patrons la prime
qu'ils auraient versée. Il fallait oser le faire!
Au moment même où Thierry Breton faisait cette annonce, était rendu public le montant des profits totalisés par les 40 premiers groupes industriels et financiers du pays.
Cela représente 60 milliards d'euros en 2004, un chiffre historique, avec une augmentation de 64% par rapport à l'année précédente.
Voilà leur (...)
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