Lors de l'émission télévisée où il est venu défendre le «oui» au prochain référendum sur la Constitution européenne, face
aux questions de certains participants sur le chômage ou la précarité, Chirac, pour toute réponse, s'est borné à déclarer que ces problèmes
ne relevaient pas de la Constitution, et que ses interlocuteurs avaient tort d'avoir peur de l'avenir.
Mais qu'est-ce qu'il y a donc dans la Constitution européenne qui, d'après les partisans du «oui», ceux de droite comme la plupart des dirigeants du Parti
Socialiste, mériterait que les électeurs l'approuvent? Le fait, nous a dit Chirac, qu'elle prône «une économie sociale de marché», qui ferait
partie des valeurs auxquelles il est attaché. «Sociale», le mot sonne bien... mais ce n'est qu'un mot, et qu'un mensonge. Il suffit de voir comment il se traduit dans la
réalité.
Trois millions de chômeurs en France, dont une partie plongée dans une profonde misère, les licenciements collectifs et les fermetures d'entreprises qui se succèdent
sans discontinuer, la précarité généralisée, des rythmes de travail en constante augmentation pour compenser les baisses d'effectifs, des horaires de travail
«flexibles» entravant toute vie (...)
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