Les ministres socialistes du passé et ceux qui rêvent de le devenir étaient présents au cimetière de Jarnac pour commémorer le dixième anniversaire de
la mort de Mitterrand. À la télévision comme à la radio, pas moyen d'échapper au concert de louanges déversées sur ce président
« de gauche » qui avait réussi à parvenir à la tête de l'État, dans ce pays où l'électorat de droite est majoritaire, et
à s'y maintenir pendant quatorze ans. Et, dans ce concert, pas la moindre réserve sur son passé ou sur ce qu'il a fait, une fois président.
Oublié que cet « homme de gauche » avait commencé sa carrière sous Pétain comme homme de droite. Oublié que, dirigeant d'un petit parti de
centre-droit sous la IVe République, il avait été onze fois ministre, y compris dans des gouvernements les plus ouvertement antiouvriers et anticommunistes.
Parmi ses anciens ministres, il en est même qui tentent de fabriquer aujourd'hui un passé d'anticolonialiste de la première heure à ce politicien qui avait
été ministre pendant toutes les sales guerres menées pour garder l'empire colonial de l'impérialisme français, de l'Indochine à
l'Algérie. Il s'était illustré par des déclarations du genre: il n'y a "qu'une (...)
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