Sarkozy va donc être investi, cette semaine, président de la République. Après sa campagne électorale où, invité par les patrons, il a parcouru au pas
de charge quelques usines, histoire de montrer qu'il s'intéresse aux ouvriers, il a tenu à afficher sans complexe ses véritables amitiés. Il s'est envolé
en jet privé pour Malte et a rejoint un yacht luxueux, les deux appartenant à son grand ami Vincent Bolloré, une des dix plus grosses fortunes du pays. D'après le
calcul d'une association de chômeurs, cette petite escapade aurait coûté l'équivalent de dix-sept ans de smic. Mais qu'est-ce donc que cette somme, pour un
Bolloré ? Et qu'est-ce qu'il en escompte en retour ?
On ne sait pas encore de qui sera composé le premier gouvernement de l'ère Sarkozy et, en particulier, s'il comptera quelques transfuges venus de la gauche, comme le laisse
entendre la presse. On sait en revanche quelle en sera la politique.
Sarkozy ne s'en est nullement caché : il gouvernera en faveur du grand patronat et des plus riches. Il réduira l'impôt sur les bénéfices des
sociétés et sur les plus hauts revenus, ce qui signifie donner encore moins de moyens aux services publics.
Quant à sa politique sociale, (...)
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