La révolte du peuple tunisien qui, après s'être débarrassé du dictateur Ben Ali, vient de faire partir son ex-Premier ministre, a donc fait une victime
collatérale. Michèle Alliot-Marie, ministre des Affaires étrangères, est mise à la porte par son patron Sarkozy qui en a profité pour effectuer un
miniremaniement ministériel.
Alliot-Marie n'est pas à plaindre, elle ne se retrouve pas sur la paille. Pour Sarkozy qui, dans son discours de dimanche soir, s'est présenté en grand ami des peuples
arabes dont « les révolutions ouvrent une ère nouvelle », Alliot-Marie était le rappel permanent que le gouvernement français n'a lâché Ben Ali
qu'une fois ce dernier tombé.
Deux jours avant que le dictateur soit contraint de fuir le pays, Alliot-Marie avait proposé à Ben Ali la « compétence universellement reconnue » de la police
française dans les tâches de répression. Jusque dans sa lettre de démission elle affirme « n'avoir commis aucun manquement ». Être virée pour ce
qu'ont dit et fait tous ses prédécesseurs de tous les gouvernements, l'ex-ministre a de quoi avoir du mal à l'avaler !
Pendant les vingt-trois ans durant lesquels Ben Ali a opprimé son peuple, pas un ministre, pas un (...)
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