Dans son prêche de Noël, le pape a fait un vœu, pieux cela va sans dire, en appelant à la paix. Et pourtant les conflits armés n'ont pas été moins
nombreux, ni moins meurtriers cette année, alimentés directement ou pas par les grandes puissances qui préservent les intérêts des grosses sociétés
présentes dans des pays qui sont souvent d'ex-colonies. Des sociétés qui veulent continuer à y exploiter les richesses et les peuples. Les budgets militaires se
maintiennent à des niveaux élevés partout. Les profits des marchands d'armes qui ont pignon sur rue restent prospères.
Dans le même ordre d'idées, les dirigeants politiques, en particulier ceux qui sollicitent les suffrages des électeurs, prétendent incarner « la France »,
c'est-à-dire l'union de tous les Français -- du moins ceux qui disposent du droit de vote -- qu'ils appellent à se rassembler autour d'eux en leur apportant leurs
suffrages. De Villepin à Bayrou, de Sarkozy à Hollande, on entend ce même discours, et on va l'entendre encore durant des semaines. Cela procède du même bluff que
celui du pape. Car la concorde dont ils parlent, ou pour dire les choses autrement la paix sociale qu'ils réclament, n'est qu'un paravent pour (...)
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