Système électoral : la proportionnelle refait parler d'elle... avant l'élection.

19 Avril 2007

Après François Bayrou, qui s'est déclaré pour l'introduction d'une certaine dose de proportionnelle dans l'élection des députés, Ségolène Royal s'y est, elle aussi, déclarée favorable. Puis Brice Hortefeux, un des proches de Sarkozy, s'est à son tour prononcé pour une pincée de proportionnelle, provoquant paraît-il le courroux de son patron, pas d'accord avec cette idée.

Voici donc, de nouveau, le débat relancé, comme à chaque élection. Certains objectent qu'ainsi le Front National aurait des députés, comme si le problème était celui-là, et pas le fait que de 10 à 15 % des électeurs puissent voter pour un tel parti. Certains se déclarent favorables à ce système de représentation, éventuellement assorti d'un barrage permettant d'exclure l'extrême gauche, sans se sentir pour autant engagés à passer aux actes en cas d'élection.

En tout cas, aujourd'hui, l'Assemblée nationale, qui compte 577 députés, est bien loin de représenter tous les courants d'opinion. Le système d'élection à la proportionnelle intégrale dans toutes les élections serait le système le plus juste - ou le moins injuste - pour faire en sorte que les résultats expriment à peu près la variété des opinions existant réellement dans le pays. Par exemple, pour les élections législatives, la proportionnelle intégrale à l'échelle nationale signifierait que le pourcentage des voix correspondrait exactement au pourcentage d'élus : 10 % des voix à l'échelle nationale se traduiraient par 10 % des élus, soit une soixantaine d'élus pour une Assemblée de près de 600 députés.

Ce serait bien la moindre des choses, pour un régime dit démocratique, que d'instaurer le système proportionnel. Mais les partis dits de gouvernement préfèrent imaginer des systèmes qui, en déformant le résultat des votes, leur permettent de s'assurer le monopole du pouvoir.

Vincent GELAS