Journée de solidarité : deux milliards destinés aux personnes âgées... et détournés

14 Juillet 2010

Après la canicule de 2003, qui avait fait près de 15 000 morts en France, en majorité des personnes âgées seules ou isolées, le gouvernement Raffarin avait instauré une journée dite de solidarité - 0en fait une journée de travail non payée. Les salaires non versés étaient destinés, officiellement, à financer les actions de la Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie (CNSA) en faveur des personnes âgées fragiles. Cette journée de solidarité a rapporté 2,29 milliards d'euros en 2008 et 2,21 milliards en 2009, et au total plus de dix milliards en cinq ans.

Mais tout cet argent n'est pas allé, comme il avait été dit, aux personnes âgées fragiles. Le président de l'ADPA - Association des directeurs d'établissements et services à domicile pour personnes âgées -, reprenant les chiffres d'un rapport de l'Inspection générale des finances et de l'Inspection générale des affaires sociales rendu public début 2010, évalue à plus de deux milliards d'euros le montant cumulé des crédits de la CNSA détournés en fait vers les caisses de l'Assurance maladie. Autrement dit environ 20 % des recettes du jour de solidarité seraient utilisés par le gouvernement pour boucher une partie du trou de la Sécurité sociale !

Ce détournement est d'autant plus choquant que, comme le souligne le président de l'ADPA qui a à plusieurs reprises tiré la sonnette d'alarme à ce sujet, les besoins des personnes âgées fragilisées, tant en ce qui concerne l'accueil dans des établissements que l'aide à domicile, sont loin d'être couverts.

Jean-Jacques LAMY