Le racket sur les usagers du gaz : 60 % d'augmentation, mais les prix à la production divisés par quatre !

13 Avril 2011

Le gouvernement, qui à partir du 1er avril a fixé à 5,2 % l'augmentation du gaz distribué par le groupe financier Suez (qui possède Gaz de France) et les autres distributeurs privés, vient de couvrir une opération de racket organisée sur le dos de millions d'usagers.

Cela fait 20 % d'augmentation en un an, plus 60 % en six ans. C'est une ponction qui peut atteindre plusieurs centaines d'euros sur les ressources annuelles des ménages et cela entraîne une baisse de niveau de vie pour ceux qui doivent vivre avec un salaire ou une pension modestes.

Et c'est encore plus intolérable quand on sait qu'il s'agit d'une véritable arnaque, mise sur pied au moment de la privatisation de la distribution du gaz en 2008. On a inventé alors un système, contrôlé par l'État mais au profit des compagnies de distribution, selon lequel le prix du gaz payé par les particuliers devait être indexé, par le biais d'une formule compliquée, sur celui du pétrole.

Mais sur le marché international le prix du gaz naturel n'a pas augmenté. Loin de suivre les cours du pétrole, il s'est littéralement effondré. Les experts font état d'un prix divisé par quatre depuis 2008, cet effondrement résultant d'une surproduction mondiale et durable. Pour se défendre, les actionnaires du groupe Suez et d'autres font état des contrats à long terme qu'ils auraient établis avec les pays producteurs. Mais le journal économique L'Usine Nouvelle a rappelé que ces contrats à long terme ne portaient que sur la quantité obligatoire des livraisons de gaz à effectuer, et non sur les prix payés aux fournisseurs. Ces prix sont en fait révisés tous les trois mois, selon des clauses secrètes. Et ces prix-là sont en baisse constante.

La preuve, s'il en fallait une supplémentaire, c'est qu'un petit groupement de collectivités locales de la région parisienne, sans la puissance d'achat des grandes compagnies, a pu obtenir très facilement pour l'année 2011 une baisse de 45 % du prix payé pour le gaz qu'il achetait. Bien sûr sans passer par Gaz de France et ses acolytes.

Alors, il faut mettre fin à ce racket organisé par l'État au profit d'une poignée d'actionnaires sur le dos des millions d'usagers particuliers du gaz !

Paul SOREL