L'aide aux pays pauvres... vient d'abord des pauvres

15 Août 2012

Un rapport de la Banque mondiale indique que les transferts d'argent des migrants vers leur pays d'origine ont totalisé 372 milliards de dollars en 2011, soit une hausse de 12,1 % sur un an, et pourraient atteindre près de 400 milliards en 2012. Ces chiffres, qui de l'aveu même de la Banque mondiale sont sous-estimés, représentent trois fois l'aide au développement versée par les pays riches.

L'Inde avec 64 milliards de dollars et la Chine avec 62 milliards en ont été les principaux destinataires, suivis par le Mexique (24 milliards), les Philippines (23 milliards) ou encore l'Égypte (14 milliards) et le Nigeria (11 milliards). Dans un certain nombre de pays, cet argent représente une part importante des ressources. Ainsi au Tadjikistan, ces transferts constituent 31 % du produit intérieur brut ; au Lesotho, 29 % ; en Moldavie 23 %, etc.

Le rapport indique aussi que, malgré la crise, la baisse de ces envois de fonds de la part des migrants est restée limitée. Les auteurs du rapport ont même noté que les transferts avaient « continué à alimenter un flux régulier de devises étrangères en direction des pays d'origine, à un moment où l'aide internationale et les investissements directs à l'étranger ont nettement fluctué ». Les analystes qualifient les transferts par les migrants « d'une des sources les moins volatiles de revenus en devises étrangères pour les pays émergents ».

C'est dire les efforts considérables que font les travailleurs immigrés pour envoyer des fonds à leur famille. L' aide aux pays pauvres... vient d'abord des pauvres eux-mêmes.

David MARCIL